La ville de Dolbeau doit son existence à un ingénieur suédois, Emil Andrew Wallberg. Ce dernier naît dans une famille modeste à Varmland en 1868 et déménage avec sa famille environ sept ans plus tard aux États-Unis, soit à Clinton en Iowa. Il devient ingénieur civil en 1891 et se perfectionne en ingénierie des ponts au Massachussetts Institute of Technology. Il arrive au Canada l’année suivante alors qu’il est âgé de 24 ans. Il occupe par la suite divers emplois dont plusieurs pour l’Intercolonial Railways (futur Canadien National).
C’est au mois d’août 1925 que Wallberg et John Stadler, un autre ingénieur, se rendent visiter ce qui deviendra Dolbeau. Ils demandent à Joseph Perron, qui habite la ferme Oyamel (aujourd’hui le site du juvénat) de leur servir de guide. Ils exploreront tout le terrain situé en bordure de la rivière Mistassini jusqu’au rang Lalancette. Les deux hommes voient dans ce site un grand potentiel hydroélectrique et forestier. Le printemps suivant, la compagnie de Wallberg, la Leaside Engineering Company, fondée en 1909, obtient de la part du gouvernement, la permission d’exploiter 1000 milles carrés de forêt ainsi que le droit d’exploiter les chutes des rivières Mistassini et Mistassibi. Pendant 75 ans, ce bail l’autorise à exploiter le bois pour faire de la pulpe. En juillet 1926, on commence la construction du moulin et le 29 décembre suivant, la compagnie de Wallberg devient la Lake St-John Power and Paper Cie Ltd. E.A. Wallberg a même conçu un projet de centrale hydroélectrique sur la rivière Mistassibi mais il n’aura pas le temps de le réaliser puisqu’il décède subitement le 30 mars 1929 à Battle Creek au Michigan à l’âge de 61 ans.
La première séance du conseil municipal de la ville de Dolbeau se tint le 12 avril 1927. Le premier maire était l’ingénieur civil David-Arthur Evans, qui assumera cette fonction jusqu’en 1935. Le reste du conseil est composé ainsi : John Stadler, ingénieur industriel, Jean-Baptiste Desroches, surintendant forestier, Alexandre John Paterson, comptable, Sylvio Antoine Desmeules, ingénieur civil. Le poste de secrétaire-trésorier est occupé par Paul Lefebvre et celui de gérant de la ville par Jules-Armand Beauchemin, ingénieur, associé de la première heure de Wallberg. Les premières minutes de la ville de Dolbeau seront écrites en anglais et le seront en français seulement à partir du 12 février 1929. L’incorporation municipale est faite le 1er avril 1927 et l’érection canonique a lieu le 12 avril suivant. Le 11 septembre 1927, Dolbeau voit l’arrivée du premier train reliant Saint-Félicien à Dolbeau. On commencera la construction de la gare le 26 septembre suivant. Le deuxième hôtel de ville sera quant à lui construit en 1931 et l’actuel en 1964.
La première église de Dolbeau, faite de bois, est construite en 1927. Pour amasser l’argent nécessaire à sa construction, les paroissiens ont organisé des parties de cartes. La première messe est célébrée lors de la messe de minuit de1927. La cloche de l’église, bénie le 22 juillet 1928, est un don de messieurs John Stadler et Jules-Armand Beauchemin. Le premier curé, l’abbé Joseph Renaud (1927-1930), décédé le 22 mars 1930, est inhumé sous l’église pour être exhumé le 29 juillet 1947 et enterré au cimetière actuel. Érigée au coût de 300 000$, l’église Ste-Thérèse d’Avila est la deuxième église de notre ville. Sa construction débute en 1946 et la première messe a lieu le 15 juin 1947. Elle est consacrée le 14 juillet 1947 par l’évêque du diocèse de Chicoutimi Mgr Georges Melançon. Elle est en fait la première église consacrée dans tout le diocèse car le coût de celle-ci est payé avant même qu’elle soit construite. Le chemin de croix, qui est à l’intérieur de l’église Ste-Thérèse, est le même qui se trouvait dans la première église. Face à l’église Ste-Thérèse, on retrouve deux monuments qui sont un don de monsieur Adélard Tremblay en 1928. En ce qui concerne la paroisse St-Jean-de-la-Croix, elle fut fondée en 1963 et son église fut bénie le 3 avril 1971. Avant la construction de l’église, les paroissiens assistaient à la messe dans la grande salle de l’école Sacré-Cœur. Le premier curé de cette paroisse est l’abbé Jacques Pelletier.
C’est le 16 juillet 1928 que se tient la première assemblée de la commission scolaire. L’année suivante, on assiste à l’ouverture du couvent Ste-Thérèse (Petites Franciscaines de Marie). L’école St-Tharcisius, des Frères de l’instruction chrétienne, est construite en 1931. Elle deviendra par la suite l’école Marius Paré. En ce qui concerne la bénédiction du Juvénat St-Jean, elle sera faite le 27 février 1949. En 1952, c’est l’ouverture de l’école normale qui deviendra par la suite l’école normale Chanoine-Simard en 1956. L’école Sacré-Cœur sera ouverte en 1959 et la polyvalente Jean-Dolbeau en 1961. En 1964, c’est le début de la commission scolaire régionale Louis-Hémon.
Certaines dates sont à retenir dans l’histoire de Dolbeau. À l’automne 1947, Dolbeau se dote d’un aréna. Le 8 juillet 1953, c’est la première pelletée de terre sur le site de l’hôpital, dont la bénédiction aura lieu le 25 octobre 1955 sous le nom de l’Hôtel-Dieu Sacré-Cœur et, tenue par les Hospitalières de la Miséricorde de Jésus. Le 16 août 1953, la fabrique procède à l’achat du terrain du cimetière actuel. En 1956, c’est la construction de l’aéroport en direction de Saint-Méthode et l’année suivante, Dolbeau assiste à l’arrivée des Carmélites sur son territoire. En 1960, c’est le début du carnaval d’hiver. Le poste de la sûreté du Québec ouvrira quant à lui ses portes le 16 novembre 1961. Le poste de radio CHVD entrera en ondes le 4 janvier 1967. En 1972, c’est l’ouverture du Centre de ski Do-Mi-Ski. C'est aussi le Festival Western qui voit le jour, sous l’initiative des membres de la Chambre de Commerce qui soulignent leur 25e anniversaire « à la western ». En 1984, on procède à la construction de l’aréna de poche et en mars 1985, c’est la présentation de la Finale des Jeux du Québec. En 1989, c’est le début des travaux de construction du mail devant recouvrir une partie du boulevard Wallberg. Le tout sera complété à l’automne 1990. Finalement, le 14 septembre 1997 naît une nouvelle entité municipale de 15 000 âmes : Dolbeau-Mistassini. Source : Dolbeau-Mistassini en photos… reflet historique d’une collectivité. Société d’Histoire et de Généalogie Maria-Chapdelaine, Dolbeau-Mistassini, 2002, 67 pages.
Le secteur Dolbeau est certes au coeur de notre économie. Nous pouvons compter sur un centre commercial de plus de 105 places d'affaires, une zone offrant une formule de magasinage à grandes surfaces, un secteur fortement orienté vers la restauration, une multitude d'entreprises oeuvrant dans la sphère industrielle, un centre hospitalier, et bien entendu, notre usine de pâtes et papiers. Grâce à cette diversité, il n'est pas surprenant que le secteur de Dolbeau soit considéré comme un pôle d'attraction au sein de la MRC de Maria-Chapdelaine. L'objectif pour les prochaines années n'est certes pas de se satisfaire de ces résultats positifs, mais bien de développer de nouvelles manières de penser et d'agir afin de permettre plus que la consolidation des acquis, mais bien l'ajout de nouvelles sources de revenus au capital de notre collectivité.
Hormis le fait que l'offre commerciale du secteur de Dolbeau soit plus variée qu'à Mistassini, le milieu de vie est très similaire entre les deux secteurs. Ces deux secteurs étant littéralement soudés l'un sur l'autre, il est fréquent de retrouver les membres d'une même famille dispersés sur les deux territoires. Les souches familiales sont foncièrement les mêmes et la culture y est donc essentiellement homogène. Dolbeau c'est particulièrement la ville des "commissions" pour les résidents des deux secteurs. Tout le monde se rencontre dans le mail au coeur du centre-ville et souvent, quand on y va pour seulement quelques minutes, on finit par allonger ce délai compte tenu des nombreuses rencontres amicales !
Dolbeau possède de nombreux parcs et aménagements dont un qui souligne le courage des anciens combattants partis à la guerre pour défendre la liberté et la démocratie.
Avec une plage, un golf, un hôpital, un centre commercial, un mini-village western, une foule de restaurants et un cinéma, tout cela dans un rayon de 5 kilomètres, il est vrai qu'ici, bien des trajets peuvent se parcourir à pied ! Soulignons que tout cela est bercé par le chant d'une magnifique rivière et entouré par une forêt fort vivifiante.
